Le pourquoi ou le comment

11 juin 2009

Wall*Mart l’entreprise monde

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Wall*Mart  l’entreprise monde
Nelson Lichtenstein,  Susan Strasser & Dork Zabinyan

Il s’agit d’un recueil de 3 articles sur Wall*Mart.

W*M est une entreprise de magasins discount. Il le fait voir : la propreté laisse à désirer. Il met en place une scénographie des tombées de camion comme si l’offre présentée était hors nomenclature (brouillage des frontières entre W*M et le foyer domestique. Il y a aussi la ruralité du siège  (Bentonville en Arkansas). Et pourtant la taille est impressionnante. Il s’agit bien d’une entreprise hyper high-tech. Son budget informatique dépasse celui de la NASA Tout est géré en temps réel  par l’intermédiaire de 6satellites. Rotation accélérée des stocks, température des magasins gérée depuis Bentonville via ces satellites. Utilisation de container intermodal qui permettent un transit accéléré entre trains, avions, navires. Ils sont tractés c’est-à-dire, toujours en flux tendu. Management invisible des flux de marchandises et des employés. Les conditions de travail sont contrôlées depuis la maison mère et au niveau de chaque super store. On a affaire là à un dispositif de contrôle pas loin des dispositifs décrits par Foucault pour les sociétés disciplinaires. La fluidité des marchés et les exigences d’un actionnariat diffus contredisent et appellent la brutalité patronale la + archaïque. Le combat contre le syndicalisme est féroce (allant jusqu’à la fermeture de magasins) et au gel des salaires si revendication. Difficultés aussi d’obtenir gain de cause dans un procès …

W*M est un modèle pour le capitalisme du XXIe siècle.

CA > 300 milliard de dollars/an > aux revenus de la Suisse.
6000 super store dans le monde (80% aux US)
fait travailler plus de 1,9 millions de personnes
importe + de produits manufacturés chinois que l’Angleterre et la Russie

Les héritiers de Sam Walton (le créateur) possèdent 39% de l’entreprise soit le double de la famille de Bill Gates. Son pouvoir sur la politique sociale et industrielle des US est immense. C’est le standard d’un nouveau type de capitalisme. Entreprise high tech + destruction du système de régulation sociale de façon à se baser sur une réduction drastique et inexorable du coût de la main d’œuvre aussi bien en Californie du Sud qu’au Sud de la Chine, à Indianapolis ou en Indonésie.

Les fournisseurs sont pieds et poings liés. La réduction des coûts est obtenue en pressurant les millions de travailleurs et de sous-traitants.

Le premier essais donne 4 exemple de la perception de W*M par des femmes.
L’une y trouve l’intérêt de la diversité et des prix bas. L’autre a été licenciée de l’épicerie où elle travaillait pour fermeture du magasin (devinez pourquoi ). La 3ième est une chinoise travaillant dans des conditions presque inhumaines. La dernière est la femme d’un directeur de W*M et n’en pense que du bien.

Schumpeter dirait que W*M fait de la destruction créatrice. Il y a des résistances cependant à l’implantation de W*M avec des hauts et des bas.

Si certaines entreprises ont fait de l’externalisation, W*M a trouvé le gigantisme très efficace et hautement profitable. Il est plus intéressant pour elle de construire que d’acheter et d’employer que de sous-traiter (le coût de la gestion a chuté plus rapidement que celui des biens et services offerts).

Utilisation d’un réseau privé de communication (le + grand des US) W*M a un tableau complet en temps réel  de la situation de l’entreprise sur tous les plans et de ses produits dans le monde (dont le coût de chaque opération).

W*M fait travailler une bonne partie de l’Asie -> concentration énorme de main d’œuvre (cf au Vietnam une usine de 65 000 personnes). Les fabricants sont dans les mains de W*M. Cela peut entrainer des luttes de géants (cf Procter & Gamble qui rachète Gilette pour faire face).

W*M fonctionne avec des marges étroites liées à la vitesse de rotation des stocks.  Le coût de la main d’œuvre ne doit pas dépasser 15 % du total des ventes, soit la moitié de ce qui est courant dans les super store traditionnel. Cela entraine des salaires inférieur de 25% et un turnover important. W*M combat le New Deal. Son anti-syndicalisme est notoire. Il pratique un intéressement à l’entreprise mais pour ceux qui arrivent à rester plus de 2 ans (imaginez s’il y en a beaucoup).
La culture et l’idéologie de l’entreprise est un amalgame d’esprit entrepreneurial et de faux égalitarisme chrétien. Les employés sont des « associés ». Ils sont coatchés si pas assez efficaces. Il y a même un grand meeting où l’on peut se moquer des travers des dirigeants. Le patriotisme est de mise aussi  mais vu qu’on fait travailler ces millions d’étrangers il est soft. Tout est fait pour que la plus grande entreprise mondiale paraisse aussi petite et sans prétention que Bentonville (Arkansas).

Avec tout cela W*M a souffert en 80 d’une crise de recrutement. W*M a eu recours aux femmes et aux étudiants de second rang.  Elle a implanté un truc qui s’appelle SIFE dans les université pour recruter (dans 700 campus américain). C’est une organisation idéologique en faveur d’un capitalisme dérégulé dans le milieu conservateur chrétien. Cette position est différente du néolibéralisme où prime l’intérêt personnel et la lutte pour la survie. La SIFE est implantée à l’étranger (Russie, Angleterre, Afrique du Sud, Asie).

W*M a eu du mal à s’implanter en Europe. Il a réussi en Angleterre mais pas en Allemagne.

W*M dit qu’elle emploie des gens qui ne cherchent pas à faire vivre leur famille avec leur salaire. Ce sont donc des retraités, des personnes avec plusieurs emplois, travaillant à mi-temps.

La comparaison avec General Motors sur l’emploi est édifiante en matière de turover et de rémunération des dirigeants. Le patron de W*M a des revenus 1500 fois supérieurs à ceux de l’employé ordinaire à plein temps.

Faute d’adhésion au New Deal, les employés doivent avoir recours aux programmes publics de santé et aux allocations payés par le contribuable.

W*M a des détracteurs et le livre donne des pistes sur comment obliger W*M à se réformer.

Susan  Strasser fait un historique très bien construit de la marchandisation et de la consommation de masse (de Woolworth à W*M). On voit que cela remonte au XIXe et que W*M a su profiter de toutes les expériences bonnes ou mauvaises qui avaient été faites. Difficile de résumer car c’est déjà très synthétique. On passe des magasins aux sociétés de ventes par correspondance puis aux grandes chaînes, au libre service et  à W*M.

 

 

Commentaire :

Très significatif. La lecture des livres de Ian Levison complète avec profit ce panorama du capitalisme d’aujourd’hui aux US et de ses implications. Intéressant aussi de voir que General Motors dépose son bilan et pas W*M.

25 mai 2009

Connaître ou croire

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La peur de savoir

de Paul Boghossian

 

Ce livre réfute les différentes formes de constructivisme et de relativisme dures  (dépendance sociale de la connaissance car socialement construite).

Le constructivisme est peu représenté dans la philosophie anglo-saxonne actuellement, mais beaucoup dans les sciences humaines (d’où une guerre de tranchées).

L’objectivité == universalité et indépendance à l’égard de l’esprit.
La croyance rationnelle == croyance justifiée (avec des raisons de croire). Il y a des raisons épistémiques et des raisons pragmatiques (avec un révolver sur la tempe par exemple).
Il y a les raisons faillibles et celles qui sont infaillibles.

Connaissance : un sujet a la connaissance que p si et seulement si :
S croit que p
S est justifié à croire que p
p est vrai

Un fait construit est un fait fabriqué, il faut que la création d’un fait donné par une société soit constitutive de ce fait et qu’il n’ait pu exister sans les actions contingentes de cette société (cf Hacking).

La mise en évidence d’une construction sociale est libératrice → certains faits allant de soi sont démasqués comme le produit d’un développement social contingent.

Le modèle classique de la connaissance ne nie pas que le social intervienne sur les travaux et les interprétations, mais il insiste sur l’indépendance de la connaissance à l’égard des circonstances sociales contingentes. Il existe des faits indépendants de nous. Des preuves sont indépendantes aussi. Il est possible que des raisons épistémiques (et non seulmt la preuve) expliquent à elles seules une croyance.

D’où pour le modèle classique, les 3 conditions : objectivisme des faits, de la justification et de l’explication rationnelle.

Le constructivisme s’en prend à l’une où l’autre de ces affirmations ou à plusieurs.
1) constructivisme des faits : les faits sont socialement construits pour refléter nos besoins ou intérêts contingents
2) constructivisme de la justification
3) constructivisme de l’explication rationnelle

2 est une conséquence de 1, 3 dérive en partie de 2.

 

 

Le constructivisme des faits (relativisme à l’emporte pièce)

C’est le plus influent bien que le plus contre-intuitif.  (cf Goodman et Rorty)
Il s’appuie surv la dépendance des faits à l’égard de leur description →les faits dépendent de l’esprit. Si c’est le cas pour certains faits, ce n’est pas généralisable. Le problème vient de la confusion avec la relativité sociale des descriptions qui ont la forme qui s’accorde avec nos buts ou intérêts.

Ce constructivisme repose sur l’affirmation qu’il faut accepter une certaine description plutôt qu’une autre pour qu’il y ait fait.

Pour Goodman, nos concepts découpent le monde d’une certaine façon. Si on réitère ce découpage à quoi allons-nous arriver ? A une pate primitive du monde pour qu’il puissent opérer sur elle. Et cette pate ne serait-elle pas indépendante de toute activité de constitution des faits ?

Pour l’objectivisme plusieurs descriptions sont possibles mais pas toutes. Les exemples de Goodman et Rorty ne sont pas convaincant car il y a la confusion décrite ci-dessus.
3 problèmes majeurs / des objets et des faits existaient avant nous → causalité à rebours (cf Bruno Latour avec Ramses II qui ne pouvait mourir du bacille de Kock car il n’existait pas à son époque).
/problème car des objets n’ont pas été construits par nous (les électrons) → incohérence → pb de compétence conceptuelle /Pb du désaccord. Si p dépend de nos intérêts sociaux contingents, non peut être construit par d’autres sociétés → viol du principe de non contradiction.

 

Constructivisme relativiste de Rorty

C’est OK pour que la plupart des choses soient causalement indépendantes de nous. Mais c’est leur représentation qui est dépendante. Pour Rorty une proposition ne peut être vraie que relativement à une théorie (et donc pas vraie tout court). Par cela Rorty résout les 3 problèmes soulevés ci-dessus, en particulier celui du désaccord.

En appliquant ce que dit Rorty à la morale ont a : /non absolutisme moral/relativisme moral/pluralisme moral.
Pour les faits on a : /non absolutisme des faits/relativisme des faits /pluralisme des faits.

Argument classique pour le rejet du relativisme généralisé : on peut conclure qu’il s’auto-réfute.

Arguments  de Boghossian pour qui ce rejet ne suffit pas : 
/nous acceptons des théories  pour décrire des faits, mais existe-t-il des faits absolus qui sont les faits concernant les théories
→ si oui → trois choses : 1 les seuls faits absolus sont les croyances 2 le problème serait avec les faits physiques mais pas avec les croyances 3 il faudrait alors fournir des argumentssur l’aspect mystérieux des faits du monde physique par opposition à ceux du monde de l’esprit.
→si non→ il y a itération sur les théories : selon une théorie que nous acceptons, il y a une théorie que nous acceptons et selon cette théorie que nous acceptons etc.

La version relativiste de Rorty conduit à un dilemme insurmontable. Ou bien elle cesse d’être relativiste, ou bien elle perd toute intelligibilité. èil existe des faits objectifs indépendants de l’esprit.

Relativisme épistémique

Il n’existe pas une seule façon de former des croyances rationnelles  au vu des données dont nous disposons → relativisme épistémique== seuls les faits concernant la croyance rationnelle varient selon le contexte social (cf Rorty). Rorty prend l’exemple de Copernic et du cardinal Bellarmin. L’un s’appuie sur des observations du ciel, l’autre sur la Bible. Pour Rorty ils défendent des énoncés aussi corrects l’un que l’autre dans le cadre de leur système épistemique (SE). Rorty accepte l’objectivisme des faits mais pas celui des interprétations.

Quelle est la grille épistémique que nous galiléen adoptons :
 / observation : toute proposition observationnelle p s’il semble visuellement à S que p et si les conditions D sont remplies en la circonstance alors S est justifié de prime abord à croire que p (il y a beaucoup de précautions car ce n’est pas si simple, mais implicitement c’est ce qu’on fait).
/Modus ponens : si S croit que p → q et si S croit que p alors S est justifié à croire que q
élimination des conjonctions : si S croit que p et q alors S est justifié à croire que q
/déduction
/l’expérience → l’induction
/source d’information fiable
/inférence à la meilleure explication
A cela on peut ajouter la simplicité, le degré de croyance de quelque chose, etc…

Pour Bellarmin le principe fondamental est :
/révélation : si p est la parole révélée de Dieu dans la Bible, alors il est justifié de prime abord de croire P.

L’étude Boghossian continue avec l’exemple de Wittgenstein et les Azandé. Ceux-ci font appel a des oracles et leur logique déductive parait différente de la notre dans le cas de la transmission de la sorcellerie. Considérons que les systèmes de Bellarmin et des Azandé soient différents du galiléen.

Le relativisme épistémique(RE) défend les 3 principes : /non absolutisme épistémique / relativisme épistémique / pluralisme épistémique.

 

Arguments en faveur du RE 

 Logiquement le RE est valide. Mais a-t-il un sens ?
/1/s’il y a des faits épistémiques absolus concernant la justification, ils doivent pouvoir être l’objet de croyances justifiées.
On peut la considérer comme acquise car plausible ou parce que incluant l’accessibilité épistémique approximative des faits concernant la justification (car cela peut être trop complexe de le faire totalement)
/2/Sur la question de savoir quels sont les faits épistémiques absolus, il est impossible de parvenir à des croyances justifiées.

Il y a impossibilité de réfuter un système à partir d’un autre, car il faudrait montrer que l’autre est meilleur. Or impossible de montrer que notre système est meilleur en ayant recours à lui-même → s’il existe des faits absolus concernant la justification, ils sont inconnaissables par principe.

Une réfutation du RE

La réfutation traditionnelle s’appuie sur l’auto réfutation de son principe. Mais il n’est pas certain que cela suffise (cf. ci-dessous).

Le premier argument vient de l’examen de comment on accepte un SE.
Un principe épistémique dira quelque chose de général. Pour cela il doit venir de jugements épistémiques particuliers. Or dans le relativisme les jugements épistémiques sont uniformément faux puisqu’ils doivent se faire dans le cadre d’un SE → les principes épistémiques généraux sont faux → incohérence avec l’absence de faits absolus.

Le deuxième argument : les jugements épistémiques pourraient être non vrai au lieu de faux. C’est-à-dire incomplets. Mais alors comment accepter un ensemble de propositions incomplètes.

Troisième argument : quand on dit relativement  à un SE, est-ce une relation logique ? Cette union entre le fait pour une croyance d’être justifiée et un SE est non logique.

Un autre argument : le relativisme pense qu’il existe une multitude de SE alternatifs possibles → à chaque SE correspond un système alternatif possible qui le contredit. Prenons une de ces paires. SI l’un dit quelque chose de vrai→pour l’autre c’est faux. Comment alors dire qu’il n’y a pas de faits en vertu desquels un SE peut être plus correct que d’autres.

Et encore … :si le  SE est non propositionnel (non normatif), mais consiste en un ensemble d’impératif (Si  I croit C !). Mais qu’est-ce qui en fait des impératifs épistémiques. Qu’est-ce qui  les distingue des impératifs moraux ou pragmatiques ?Est-ce bien une conception de la justification épistémique. Nulle explication de ce genre n’a été donnée.

Tout cela entraine que la justification épistémique relativiste ne tient pas debout.

D’autres genres de relations épistémiques sont possibles  (relativisation en fonction du point de départ de sujet et non à son SE) Les autres modes de relativismes sont d’après Boghossian plus facilement réfutables que le relativisme dur.

Alors comment sortir de l’aporie : arguments  pour/et contre.

C’est l’argument pour « circularité des normes qui sera combattu » c’est-à-dire le principe /2/ des arguments pour. Peut-on rencontrer un SE équivalent dont on ne peut justifier  la supériorité ?
    //il faut qu’il soit au minimum cohérent : pas de jugements contradictoires (p et non p en même temps) explicitement ou implicitement (par déduction). On a des raisons objectivement valides de préférer ceux qui sont cohérent.
Il existe aussi des systèmes autodestructeurs c à d se retournant contre leur propre correction ou fiabilité.
Refus aussi des distinctions arbitraires.
   //on ne peut pas se passer d’un droit à l’utilisation a priori d’un SE car sinon il faudrait l’avoir justifié dans un autre SE→ il semble faux d’arriver à trouver un autre SE cohérent fondamentalement et authentique ment alternatif au notre. On est toujours obligé d’utiliser le notre et on le fait pour des cas où nous venons à douter d’eux légitimement →(*) si un doute légitime devait surgir concernant la correction de nos principes épistémologiques ordinaires, nous ne serions pas capables de parvenir à des croyances justifiées concernant leur correction.

 (*) et la fausseté de /2/ ne sont pas incompatibles.

Comment cela s’applique-t-il à Bellarmi et aux Azandé.
Pour Bellarmi on a affaire à un SE qui n’est pas tellement différent du notre. Il n’y a que pour les cieux qu’il n’est pas d’accord. Et en dernier ressort on voit que le différent  porte sur les origines de la Bible (est-ce bien l’avis de Dieu).
Pour les Azandé, ils rejettent le modus ponens : la substance ensorcelante se transmet de façon patrilinéaire ajouté au fait que  les parents proches dans la lignée paternelle d’un sorcier avéré, peuvent être considérés comme des sorciers. Cela cloche→ soit ils commettent une erreur de logique soit on commet une erreur d’interprétation, soit ils ne refusent bpas les inférences, mais s’en foutent. On peut avoir affaire aussi à un chois de concepts différents (sur le mot si) sans qu’ils rejettent nos règles.

Tout cela montre qu’il est difficile de trouver vraiment des systèmes alternatifs.

ET donc il y a des faits absolus indépendants de toute pratique. Mais pour un ensemble de données, les faits épistémiques dictent-ils toujours une réponse unique à ce qu’il faut croire. Jusqu’où s’étend l’objectivisme rationnel auquel nous sommes engagés ?

Le constructivisme de la connaissance peut prendre une forme où une preuve pertinente ne suffit pas. On doit alors invoquer nos besoins et intérêts contingents soit d’une façon radicale (seulement ces derniers), soit d’une façon plus cool la preuve + les besoins.
 La version radicale est acceptable dans certains cas, mais pas généralisable comme le voudrait David Bloor (DB). Boghossian réfute la thèse de DB qui veut expliquer pourquoi certaines propositions en viennent à être largement crues et tenues pour vraies. Dans sa méthodologie DB veut que l’on considère pareillement toutes les croyances quand à la vérité où à la rationalité (mêmes sortes de causes pour les croyances rationnelles ou irrationnelles, vraies ou fausses. Boghossian fait du petit bois de ces symétries.

Toute croyance n’est pas nécessairement étayée par des éléments d’information indépendants qui constituent une preuve en sa faveur. Certaines croyances sont intrinsèquement crédibles ou évidentes par elles-mêmes. Quant à l’explication rationnelle la version radicale est fausse, infondée et instable.

Pour la version cool, les données de l’expérience existent mais ne suffisent pas. Boghossian examine les thèses des auteurs généralement invoqués dans ce cas : Kuhn et Duhem-Quine.

L’analyse de Kuhn tombe complètement à côté du constructivisme, car elles n’excluent pas du tout que les données suffisent à elles seules et…

Pour Duhem s’il y a problème sur les observations, il faut réviser, mais quoi ? La raison ne suffit pas à le dire. Alors le constructiviste vient et dit : c’est d’origine sociale ! Quine dit que toute donnée recueillie en faveur d’une affirmation générale est compatible logiquement avec la négation de cette affirmation. Cela s’inscrit dans un débat sur la signification des énoncés théoriques en scienc. Cela veut dire que les données de l’expérience sont formellement cohérentes avec plus d’une théorie. Cela n’a rien à voir avec le constructivisme faible.

Donc ces constructivismes sont réfutables.

En conclusion il y a d’importantes objections au constructivisme. Celui de la vérité est incohérent, celui de la justification aussi. Enfin celui des SE est miné par des objections insurmontables. Pour le relativisme l’argument ne résiste pas. La construction sociale révèle la contingence de certaines pratiques sociales qui ont pu être à tort considérées comme fondées en nature. Il le fait en suivant les règles du raisonnement scientifique. Mais il s’égare quand il aspire à devenir une théorie générale de la vérité et de la connaissance. Alors pourquoi s’être laissé tenter par cette idée ?

POUR LE POUVOIR que cela peut donner, bien sûr  !

Si tous les SE s’équivalent, impossible de critiquer ceux des minorités, mais le faible ne peut aussi critiquer celui du fort.

Les notions de réalité indépendante de raison et d’objectivité ne sont pas sans difficultés, mais c’est une erreur de penser que la philosophie aurait découvert des raisons convaincantes de les rejeter.

Suivent 3 annexes sur le constructivisme extrémiste de Bruno Latour , extravagant de Stenger (près de la pensée magique) et de Foucault (justificatif et explication rationnelle)

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Mon commentaire

Livre passionnant et très clair. Je n’ai pas tout développé ici. 

Bibliographie :

Je recommande le livre de Ian Hacking : Entre science et réalité (ed La Découverte/poche) que je résumerai prochainement. Il est très souvent cité ici.

Voir aussi mon résumé de « La diversité contre l’égalité » de Walter Benn Michael, le multiculturalisme et les problèmes d’identité ayant beaucoup à voir avec les théories du constructivisme et du relativisme.

6 novembre 2008

Lever l’ambiguité

Classé dans : Uncategorized — pouc @ 11:46

 fmr_flash_market_2007-110_22-03-21

un savant     aveugle                    vs               un savant             aveugle

      NOM    adjectif attribut                           adjectif épithète     NOM 

/un savant aveugle                                      / un savant t’aveugle

 

a French teacher                                          a French teacher

 adjectif  NOM                                              adjectif   NOM

/€ frent$  ti:t$€*                                          /€ frent$  ti:t$€*

un professeur de Français                            un professeur Français

En français, l’ambiguité est levée (c’est le cas de le dire) en élevant le volume sonore de la première lettre du nom et en MARTELANT la liaison. En anglais, il semblerait que l’accentuation soit (seule ? ) investie de cette fonction. Dans les 2 cas, il y a bien élévation du son, allongement de la durée et, de surcroît (not the least) , atténuation des syllables adjacentes.

Plus généralement, ce genre d’observations, me fait mieux comprendre une approche en termes de compression d’information retenue dans un manuel exposant les techniques de traitement automatique du langage.  Un argument de recherche sur le net “Text and Phonetic analysis renvoie sur le chapitre 15 de 

Spoken Language Processing: A Guide to Theory, Algorithm and System Development
Xuedong Huang
Alex Acero
Hsiao-Wuen Hon, All of Microsoft Research, Redmond, Washington

Sous cet angle du traitement automatique du langage, homographie, homophonie, … paires minimales m’apparaissent comme une voie  plus courte pour comprendre ce que sont, aussi, le système phonémique d’une langue, la prononciation, l’accentuation, la prosodie en général.

24 juin 2008

En cours …

Classé dans : Uncategorized — pouc @ 2:47

  • Les questions relatives à la valeur des productions en sciences sociales sont bien illustrées dans cette article ayant pour titre “Fondements épistémologiques de l’Anthropologie structurale” de Richard POTTIER, 2006 anthropo_struct_epistemologie

 Accessoirement ( avec ou sans ironie) il y a une description synthétique du projet de Lévy Strauss de mettre à jour, avec une rigueur de qualité scientifique, l’Esprit comme mécanismes.

  • POur G. La notion d’espace abstrait selon le philosophe Desanti espace_abstrait

 

 

29 février 2008

NLP

Classé dans : Uncategorized — pouc @ 2:54

 SPEECH and LANGUAGE PROCESSING
An Introduction to Natural Language Processing,
Computational Linguistics, and Speech Recognition
Second Edition
Last Update
Thursday, December 31, 2007 
 

SPEECH and LANGUAGE PROCESSING
An Introduction to Natural Language Processing,Computational Linguistics, and Speech Recognition
Second Edition
Last Update
Thursday, December 31, 2007

Table of Contents
Preface
 1 Introduction
 
I: Words
 2 Regular Expressions and Automata
 3 Words and Transducers
 4 N-grams
 5 Word Classes and Part-of-Speech Tagging
 6 Hidden Markov and Maximum Entropy Models

II: Speech
 7 Phonetics 
 8 Speech Synthesis
 9 Automatic Speech Recognition
 10 Speech Recognition: Advanced Topics
 11 Computational Phonology

III: Syntax
 12 Formal Grammars of English
 13 Parsing with Context-Free Grammars 
 14 Statistical Parsing
 15 Language and Complexity 
 16 Features and Unification

IV: Semantics and Pragmatics
 17 Representing Meaning
 18 Computational Semantics
 19 Lexical Semantics
 20 Computational Lexical Semantics
 21 Discourse

V: Applications
 22 Information Extraction 
 23 Question Answering and Summarization 

 24 Dialog and Conversational Agents
 25 Machine Translation
  
  
  
  
  
 Chapter 1: Introduction
This chapter is largely the same with updated history and pointers to newer applications.  (top)

Chapter 2: Regular Expressions and Automata
This chapter is largely the same with some bug fixes. (top)

Chapter 3: Words and Transducers
This new version of the chapter still focuses on morphology and FSTs, but is expanded in various ways. There are more details about the formal descriptions of finite-state transducers, many bugs are fixed, and two new sections are added relating to words and subwords. The first new section is on word and sentence tokenization, including algorithms for English as well as the maxmatch algorithm for Chinese word segmentation. The second new section is on spelling correction and minimum edit distance, and is an extended version of the edit-distance section from Chapter 5 of the first edition, with clearer figures for example for explaining the minimum-edit-distance backtrace. (top)

Chapter 4: N-grams (Formerly Chapter 6)
This updated language model chapter has had a complete overhaul. This draft includes more examples, a more complete description of Good-Turing, expanded sections on practical issues like perplexity and evaluation, language modeling toolkits, including ARPA format, and an overview of modern methods like interpolated Kneser-Ney. (top)

Chapter 5: Word Classes and Part-of-Speech Tagging (Formerly Chapter 8)
The main change to this revised chapter is a greatly expanded, and hence self-contained, description of bigram and trigram HMM part-of-speech tagging, including Viterbi decoding and deleted interpolation smoothing. Together with the new Chapter 6, this allows a complete introduction to HMMs for courses that don’t use the speech recognition chapters. Other changes in this chapter include expanded descriptions of unknown word modeling and part-of-speech tagging in other languages, and many bug fixes. Finally, we’ve moved this chapter earlier in the book. (top)

Chapter 6 (Formerly part of Chapter 7 and Appendix D)
This new chapter introduces two sequence models: HMMs and MEMMs. It gives the details of Hidden Markov Models, including Forward, Viterbi, and EM. It then introduces MaxEnt models, begining with linear regression, followed by logistic regression, then the extension to MaxEnt, and finally the MEMM and the Viterbi intuition. (top)

Chapter 7: Phonetics (Formerly parts of Chapters 4, 5, and 7)
This chapter is an introduction to articulatory and acoustic phonetics for speech processing, as well as foundational tools like the ARPAbet, wavefile formats, phonetic dictionaries, and PRAAT. (top)

Chapter 8: Speech Synthesis
This is a new chapter on speech synthesis. (top)

Chapter 9: Automatic Speech Recognition (Formerly 7)
This new significantly-expanded speech recognition chapter gives a complete introduction to HMM-based speech recognition, including extraction of MFCC features, Gaussian Mixture Model acoustic models, and embedded training. (top)

Chapter 10: Speech Recognition: Advanced Topics (New Chapter)
This new second chapter on speech recognition covers advanced topics like decision-tree clustering for context-dependent phones, advanced decoding (including n-best lists, lattices, confusion networks, and stack decoding), robustness (including MLLR adaptation), discriminative training, and human speech recognition. (top)

Chapter 11: Computational Phonology (Formerly parts of Chapters 4, 5, and 7)
This chapter is a brief introduction to computational phonology, including phonological and morphological learning, finite-state models, OT, and Stochastic OT. (top)
Chapter 12: Formal Grammars of English (Formerly 9)
This chapter still focuses on CFGs for English and includes a revamped and somewhat expanded grammar for the ATIS domain. New and expanded sections cover: treebanks with a focus on the Penn Treebank, searching treebanks with tgrep and tgrep2, heads and head-finding rules, dependency grammars, Categorial grammar, and grammars for spoken language processing. (top)

Chapter 13: Parsing with Context-Free Grammars (Formerly 10)
The focus of this chapter is still on parsing with CFGs. It now includes sections on CKY, Earley and agenda-based (chart) parsing. In addition, there is a new section on partial parsing with a focus on machine learning based base-phrase chunking and the use of IOB tags. (top)

Chapter 14: Statistical Parsing (Formerly 12)
This statistical parsing chapter has been extensively revised. It now covers PCFGs, probabilistic CKY parsing, parent annotations, the Collins parser, and touches on advanced topics such as discriminative reranking and parsing for language modeling. (top)

Chapter 15: Language and Complexity (Formerly 13)
Mainly bug fixes. (top)

Chapter 16: Features and Unification (Formerly 11)
Mainly bug fixes. (top)

Chapter 17: Semantics (Formerly 14)
This chapter still covers basic notions surrounding meaning representation languages. It now has better coverage of model-theoretic semantics for meaning representations, and a new section on Description Logics and their role as a basis for OWL and its role in the Semantic Web. (top)

Chapter 18: Computational Semantics (Formerly 15)
This chapter covers compositional approaches to semantic analysis at the sentence level. The primary focus is on rule-to-rule approaches based on lambda-expressions. It also now has new coverage of unification-based approaches to computational semantics. Coverage in the old chapter 15 on semantic grammars has been moved to the discourse chapter; coverage of information extraction has been expanded and moved to the new chapter 22. (top)

Chapter 19: Lexical Semantics (Formerly 16)
This chapter still covers the basics of lexical semantics, including sense relations, semantic roles, and primitive decomposition. The treatment of semantic roles has been updated, as has the coverage of WordNet, and new sections added for PropBank and FrameNet. (top)

Chapter 20: Computational Lexical Semantics (New Chapter; Parts of old Chs. 15, 16 and 17)
The focus of this new chapter is on computing with word meanings. The three main topics are word sense disambiguation, computing relations between words (similarity, hyponymy, etc.), and semantic role labeling. It considerably expands the treatment of these topics. (top)

Chapter 21: Discourse
This rewritten chapter includes a number of updates to the first edition. The anaphora resolution section is updated to include modern log-linear methods, and a section on the more general problem of coreference is also included. The coherence section describes cue-based methods for rhetorical relation and coherence relation extraction. Finally, there is a significant new section on discourse segmentation (including TextTiling). (top)

Chapter 22: Information Extraction (Parts of old 15)
This new chapter surveys current approaches to information extraction. The main topics are named entity recognition, relation detection, temporal expression analysis and template-filling. The primary focus is on supervised machine learning approaches to these topics. The coverage on mostly finite-state methods (FASTUS) has been moved from the old Ch. 15 to here. (top)

Chapter 23: Question Answering and Summarization (Mostly new; Parts of old 17 and 20)
This new chapter covers two applications, question answering and summarization. A brief introduction to the necessary background material from information retrieval is also included. The chapter includes factoid question answering, single document summarization, generic multiple document summarization, and query-focused summarization. (top)

Chapter 24: Dialog and Conversational Agents (Formerly 19)
This is a completely rewritten version of the dialogue chapter. It includes much more information on modern dialogue systems, including VoiceXML, confirmation and clarification dialogues, the information-state model, markov decision processes, and other current approaches to dialogue agents. (top)

Chapter 25: Machine Translation
The MT chapter has been extensively rewritten and a significant new section added covering statistical MT, including IBM Model 1, Model 3, and HMM alignment. A new evaluation section covering human evaluation and Bleu has also been added, as well as sections on SYSTRAN and more details on cross-linguistic divergences. (top)
 

7 janvier 2008

ANTHROPOLOGIE Sciences cognitives

Classé dans : Uncategorized — pouc @ 7:03

Jacques Bouveresse démarre  un cycle sur la notion de “système philosophique” au collège de France ce mercredi 09/01/2008 à 14h.

… un an après, je suis toujours occupé à la lecture de Philippe Descola “Nature & culture” et j’ai eu besoin de me rafraîchir la mémoire sur l’anthropologie structurale.

D’autant que ce week end, j’ai lu “Les neurones de la lecture” de Stanislas Dehaene, élève de JP. Changeux, qui suggère un rapprochement éclairant (après E. Kandel). Les techniques d’imagerie du cerveau permettent de définir plus rigoureusement les programmes de recherche des psycho-linguistes ou neurologues. En fin d’ouvrage, il y a une pseudo théorie de la culture - NATURALISTE éclairé – sur la base d’une hypothèse assez étayée de recyclage de groupes de neurones.  Il y est fait référence à Lévi-Strauss; l’anthropologie structurale annonçant une théorie mécaniste de l’esprit .

Contrepoint : Chimère épistémologique et vérité sociologique

  • Anthropologie physique

homme.pdf  

La dernière partie de ce document formalise le phénomène de la transition démographique. C’est précisément le point de départ  du cadre de travail proposé par Emmanuel Todd pour caractériser l’évolution des systèmes politiques et sociaux ( les systèmes de familles, les types de solidarité, la forme du système politique, la place des différents groupes d’âge dans les hiérarchies religieuses, politiques ou économiques) Analyse conduisant à qualifier la situation politico-sociale d’un pays comme le Pakistan comme beaucoup plus critique que celle de l’IRAN.

  • Anthropologie culturelle  ou sociale (variante anthropologie structurale)

Sources sur Claude Lévi-Strauss

Du symbolique au sensible / remarques en marge du débat Lévi-Strauss/Ricoeur

Entretiens d’ESPRIT avec Claude Lévi-Strauss

Une anthropologie “bonne à penser ” Marcel Hénaff

Classer les sociétés Alain testart

Le conflit des interprétations 1963-2003 L’anthropologie face à la philosophie

Fondements épistémologiques de l’anthropologie structurale 2006

Lévi_Strauss_Biographie

7 décembre 2007

Échanges sur un texte de R.Debray

Classé dans : Uncategorized — pouc @ 5:25

 De : Gilles
Envoyé : jeudi 6 décembre 2007 16:54
À : Philippe
Objet : RE: a lire….brillant comme d’habitude!!Si ce que tu dis est vrai, je ne pense pas que ce soit en caricaturant la position du contradicteur que l’on a raison.

Kouchner a rappelé qu’il y avait 3 préalables (entre autres, a-t-il dit) avant une action comme celle de Zoé. Mettre Zoé et Kouchner dans le même sac (à mon humble avis l’article ne le fait pas) permet d’avoir raison à peu de frais.

Je rappelle simplement que le ministère des affaires étrangère avait porté plainte contre Zoé avant même le déclenchement de l’affaire, et que c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils se sont appelés Chidren Rescue, sur le terrain…


De :  Philippe
Envoyé : jeudi 6 décembre 2007 16:06
À :  Gilles
Objet : RE: a lire….brillant comme d’habitude!!

Bonjour, 

J’ai enfin eu le temps de retrouver le texte et l’ai relu.  Néo-con renvoie à BUSH sans doute, mais, ici, il renvoie AUSSI  à SARKOZY-KOUCHNER.
 ■La première phrase du “Manifeste du parti communiste” commence par : “L’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours EST l’histoire de la lutte des classes”.     Et donc, ”Le Marxisme est  l’énigme résolue de l’Histoire” 
    Aujourd’hui, c’est la même illusion – celle d’être fondée en raison à agir … parce qu’on aurait une théorie incontestable de la manière dont les évenements s’enchaînent au fil du temps pour finir par faire ce que l’on désigne par un gros mot écrit avec une majuscule : l’Histoire.  Cette croyance LEGITIME les hommes d’action pour faire le BIEN puisqu’ils oeuvrent à raison d’une théorie de l’Histoire. Leurs actions découlent des lois de l’Histoire; ils sont dans l’Universel. Thatcher, qui ne fait pas dans la théorie,  résume le tout en disant “There is NO alternative” c’est à dire qu’il n’y a pas de troisième voie, ni même de seconde, ni aucun autre système : l’Economie de marché, le libre-échange et le capitalisme globalisé dans le cadre d’un système politique unique: le système de démocratie parlementaire ou démocratie d’opinion.

■Quel Bien ?

” … qui avec la démocratie, qui avec la charia ” Chacun s’imagine posséder la bonne clef et donc, est légitimé à intervenir de sa seule autorité, de force, pour, même contre le gré des afghans, des irakiens, des iraniens, des xyz, leur montrer la voie du salut comme si ce n’était pas aussi à ceux-là de faire, y compris dans la douleur, LEUR propre Histoire.

Dans le cas de l’intervention du Vietnam contre le Cambodge, c’est un affreux régime communiste qui s’est octroyé un droit (de fait) d’ingérence et – non pas un régime démocratique occidentale. On ne peut que se réjouir qu’il est pris cette liberté à l’égard du droit international…

■Pour conclure, je trouve que Debray, pointe bien les dérives des démocraties d’opinion  où l’on voit des ONG, i.e. des organisations NON GOUVERNEMENTALES s’autoriser à bafouer toutes les institutions légales  d’un pays souverain au prétexte d’œuvrer pour des droits humains ( tels que perçus ici, en FRANCE, en 2007, dans des milieux pas si désintéressés par ailleurs) Également, il dénonce, l’alignement des SARKOZY-KOUCHNER,  apôtres de l’ingérence pour cause humanitaires, qui font dans la gestuelle et le spectacle pour habiller à bon compte l’intervention des néoconservateurs anglo-saxons. En fait, c’est un appel au professionnalisme en politique (VEDRINE), aux réalistes, dont les choix nous paraissent mérités d’être qualifier de cynisme.

Personnellement, je trouve que les “cyniques” ont le courage de s’en remettre aux calculs des intérêts bien compris des pays qu’ils représentent; méthode pragmatique partageable, ELLE, par toutes les cultures, les régimes politiques.  Je fuis les idéologues; Jésus, SAVONAROLE, SAINT JUST, Lénine  et autre néo-CON


De :  Gilles
Envoyé : mercredi 28 novembre 2007 19:39
À :  Philippe
Objet : RE: a lire….brillant comme d’habitude!!Oui, bien écrit. Le contenu effectif est : néo-bon (Zoé) et néo-con (Zorro/Bush) mêmes ressorts.Avec en plus, cerise sur le gâteau, une charge contre l’aspiration à l’établissement de la démocratie partout. Je cite : “La conviction de détenir la solution de l’énigme enfin trouvée”. Je ne suis pas sûr que les Cambodgiens sont si mécontents que cela de l’intervention du Vietnam, qui a viré Pol Pot. Ce combat me paraît être un combat d’arrière garde : la démocratie est en train de s’installer partout. Sans même parler de l’Amérique du Sud (où, si je me souviens, Debray a fait guérillero), en Afrique (Sénégal), en Asie (Corée du Sud, Indonésie) C’est frappant, quand même, non ? Le rétropédalage de Debray n’y peut rien. Même la Russie, qui a un régime autoritaire, n’a plus rien à voir avec Staline.On ne doit pas réserver la démocratie aux happy few, c’est contradictoire dans les termes.

De :  Philippe
Envoyé : mercredi 28 novembre 2007 18:30
À :  Gilles
Objet : TR: a lire….brillant comme d’habitude!!Bonsoir,                Je l’ai lu une fois, deux fois,… je vais le lire encore une fois. C’est effectivement bien écrit. Mais au delà de la rhétorique, quel contenu effectif, communicable y a t-il là-dedans ?Bonne lecturebonsoir


De : malecot
Envoyé : mardi 27 novembre 2007 21:52
À :  Philippe
Objet : a lire….brillant comme d’habitude!!

 

Point de vue

Zoé et Zorro, le néo-bon et le néo-con, par Régis Debray

LE MONDE | 23.11.07 | 14h14

Héroïquement seul(e) en scène. Sans frontières, et donc partout chez soi. Sauvant les enfants et les peuples. Faisant fi des mesquineries légales – vernaculaires ou onusiennes – parce que dépositaires de l’universel et oeuvrant au salut de l’humanité.

Ce rêve d’adolescent, vieux comme Narcisse, nos sociétés sénescentes s’en étaient fait un idéal. C’est le songe immémorial du chevalier blanc. La geste humanitaire – la face dorée de la médaille – lui a redonné ardeur et fierté. Elle a pour envers l’intervention militaire, Afghanistan, Irak, Afrique ou ailleurs. Ce que Zoé commence – mal, en l’occurrence -, Zorro bientôt le termine, encore plus mal. C’est ce qui arrive au Bien toutes les fois qu’il se regarde un peu trop dans la glace.

Excellent remède à la mélancolie, le narcissisme ne caractérise pas qu’un stade normalement immature de l’évolution psychique. Nous avons élevé ce travers souvent pittoresque, qui mue nos politiques en rock stars, à la hauteur d’un évangile plus confusionnel qu’oecuménique. Cette inclination à faire le bonheur des enfants sans se préoccuper de leur état civil et celui des hommes sans se soucier de leur histoire, cette cécité anthropologique rappellent ce qu’Hubert Védrine nomme “occidentalisme”.

L’islam aussi a son égoïsme planétarisé, l’islamisme. La conviction de détenir la solution de l’énigme enfin trouvée, qui avec la démocratie, qui avec la charia, provoque des démangeaisons d’impérieuse charité. Si l’estime de soi est une condition du bonheur et de l’action juste, sa caricature, la surestimation outrancière de ses propres valeurs et sentiments débouchant sur l’illusion de toute-puissance, est grosse de déconvenues. De morts inutiles et de crises évitables.

L’Arche de Zoé. Calembour ? Non, lapsus de néophyte, au sens propre. Pourquoi se scandaliser devant des nouveaux convertis qui ont mis leurs actes en accord avec nos arrière-pensées ? Le vaisseau qui permet à Noé d’échapper à la punition divine, en recueillant pêle-mêle les enfants du bon Dieu, c’est aussi l’arche sainte où reposent les Tables de la Loi. Save Darfour… N’y a-t-il pas du sauveur dans le sauveteur, du rédempteur dans le secouriste ? L’action humanitaire ne serait pas devenue le point d’honneur et de mire de nos sociétés pourtant peu portées sur l’épopée si elle n’avait ranimé un vieux fond évangélisateur.

Pour le meilleur : une charité sans rivages. Et pour le pire : l’insouciance de ce qui fait que l’autre est un autre, et non pas le faire-valoir de notre suréminence. “L’investissement libidinal de soi, note le psy à propos du narcissisme secondaire, se solde par un appauvrissement de l’investissement d’objet.” En clair : le secouru, on le préfère silencieux, et muet de reconnaissance. Un enfant, grand ou petit. Un être quelconque, sans religion, sans langue, sans nationalité. Sans enveloppe ni milieu. Pathétiquement interchangeable.

Il y a parfois de la morgue dans la compassion. Disons de la suffisance, séquelle de ce qui fut jadis la maladie du christianisme. Le Dieu unique n’a jamais accepté de bon gré qu’il y en ait d’autres. La vérité est une et l’erreur multiple, c’est bien connu. Il n’est pas étonnant que les sans-coeur professent le pluralisme. On peut vanter à la tribune l’exception culturelle et simultanément marquer un mépris à peine poli pour la justice, les coutumes et l’opinion publique des Tchadiens. Nous ressentons comme une anomalie le fait que nos ministres et présidents ne puissent aller et venir à leur convenance dans des pays d’où nos reporters peuvent par ailleurs nous rapporter à domicile des images bouleversantes. C’est qu’il n’y a pas de frontières pour le petit écran ni sur le Net. Le virtuel ignore l’histoire et la géographie. Les retrouver dans le monde réel choque nos bons sentiments et nos meilleurs esprits.

Problème technique. Hermès a fait à Narcisse un cadeau piégé : la sensation d’ubiquité et le droit à l’immédiateté. De quoi alimenter le principe de plaisir du téléspectateur compassionnel. On s’imagine pouvoir agir comme on sent, en un instant, et mettre fin au malheur sans médiations ni détours. Le Narcisse d’antan avait le bon goût de rester chez soi, en tête à tête avec son écran-miroir. Celui d’aujourd’hui croit pouvoir, avec ses prothèses et ses antennes, se faire prosélyte et interventionniste. Nos missionnaires en soutane, au Vietnam, en Afrique, aux derniers siècles, étaient souvent de bons anthropologues : lexicographes, géographes, traducteurs, ethnographes. C’étaient des savants. Nos coloniaux du XIXe avaient parfois et de leur côté une vraie connaissance du terrain. L’altruiste impérial du moment, ou l’expansionniste autocentré, ne prend pas ces gants, et le néo-bon n’a rien à envier, sur ce chapitre, au néo-con, humanitaire botté et casqué mais peu doué pour les langues étrangères. A l’heure où la France célèbre ses retrouvailles avec l’apôtre américain du nouvel évangile monolingue, qui ignore le dissemblable et peut s’imaginer seul au monde parce qu’il a les moyens matériels de son illusion, il n’est pas inutile de redonner à l’exportateur transatlantique du Bien son véritable profil.

Le néo-con est tout le contraire d’un cynique : un idéaliste, et même un platonicien. Il va de l’idée au fait. Il juge l’existant, lamentable, à l’aune de la cité idéale, ouverte et concurrentielle, où les consciences, les Eglises et les capitaux ont toute liberté d’agir et d’interagir. Ne supportant pas la distance entre ce qui devrait être et ce qui est, ce généreux comminatoire, mi-prophète, mi-urgentiste, entend la combler au plus vite et rendre le monde réel conforme à l’idée.

Epris de solutions miracle et d’avis tranchés, ne s’embarrassant pas plus de cartes ni de chronologie que de lentes approches, le néo-con est brouillé avec l’histoire et la géographie, ces écoles de relativisme et d’indifférence. C’est un idéologue né pour l’éditorial, le sermon, l’indignation et la mise en demeure. Le néo-con est un internationaliste, qui veut refaire la carte du monde. Son idée pure, la démocratie, l’équivalent libéral de ce qu’était jadis la révolution, est globale ou n’est pas. Et les dérisoires réalités nationales, micro-archaïsmes suspects, ne sont pas à la hauteur de ses vues panoramiques. Il fait dans le grandiose et le continental : “le grand Moyen-Orient” ou le nouvel ordre international. C’est très souvent, à ce titre, un ancien trotskiste (ou, à défaut, en France, un maoïste), auquel répugnent depuis toujours les chauvinismes petits-bourgeois. Le néo-con est un gauchiste venu à maturité, à qui l’inversion du vent d’est en vent d’ouest a fait cette faveur enviable : pouvoir retourner sa veste sans avoir à en changer. Mêmes insultes et même tranchant.

Le néo-con est un dualiste de la première heure, comme l’étaient les théologiens avant l’invention du purgatoire, compromis bâclé et pas très glorieux avec le péché ambiant. Il faut choisir son camp et il n’y a pas à ses yeux de troisième terme entre le Bien et le Mal. On est avec la démocratie ou avec la tyrannie. Avec les droits de l’homme ou avec l’islamo-fascisme. Ce qui peut se qualifier de tiers monde, Etat ou parti signale à ses yeux soit la coupable indulgence soit l’idiot utile. Les velléités d’indépendance européenne et la désespérante pluralité des mondes forcent nos sentinelles ultra à un tour de guet sans repos – chacun à son créneau médiatique – pour repérer de loin la hyène dactylographe. A rayer pour l’heure du carnet d’adresses, et un jour de la carte.

Telle la barque de l’amour sur la vie quotidienne, le vaisseau amiral d’Occident s’est brisé par mégarde sur les récifs du Tigre et de l’Euphrate. Il arrive en effet que le réel résiste au conte de fées. Puisque nous recueillons sur nos côtes les naufragés de cette nostalgie pour de nouvelles aventures conjointes, en Perse ou ailleurs, le principe de précaution exige qu’on puisse le reconnaître de loin : un Juste peu judicieux, qui préfère la morale au droit international, l’émotion aux atlas, le 20 heures aux livres d’histoire, et l’image de soi à la réalité des autres.


30 octobre 2007

Démographie

Classé dans : Uncategorized — pouc @ 6:38

Démographie

Données 2006,        2/3 des naissances de l’EU sont françaises …

Le temps des immigrés, François Héran, 2007  Commentaire

5 idées reçues  François Héran, 2004

Il n’y a pas de bombe démographique, Amartya Sen, 1995

30 septembre 2007

Paul Veyne

Classé dans : Uncategorized — pouc @ 3:16

Paul Veyne, Les grecs ont-ils cru a leurs mythes ?

P 47.

« Rien de plus empirique et de plus simple, en apparence, que la causalité ; le feu fait bouillir l’eau, la montée d’une classe nouvelle amène une nouvelle idéologie.  Cette apparente simplicité camoufle une complexité qui s’ignore : une polarité entre l’action et la passivité ; le feu est un agent qui se fait obéir, l’eau est passive et elle fait ce que le feu lui fait faire. Pour savoir ce qui se passera, il suffit donc de voir quelle direction la cause fait prendre à l’effet, qui ne peut pas plus innover qu’une boule de billard poussée par une autre dans une direction déterminée. Même cause, même effet : causalité signifiera succession régulière. L’interprétation empiriste de la causalité n’est pas différente ; elle renonce à l’anthropomorphisme d’un effet esclave qui obéirait régulièrement à l’ordre de sa cause, mais elle en conserve l’essentiel : l’idée de régularité ; la fausse sobriété dissimule une métaphore.

Or , une métaphore en valant une autre, on pourrait tout aussi bien parler du feu et de l’ébullition ou d’une classe montante et de sa révolution en des termes différents, où il n’y aurait plus que des sujet actifs ; on dirait alors que, lorsque est réuni un dispositif comprenant du feu, une casserole, de l’eau et une infinité d’autres détails, l’eau « invente » de bouillir ; et qu’elle le réinventera chaque fois qu’on la mettra sur le feu ; comme un acteur, elle répond à une situation, elle actualise un polygone de possibilités, elle déploie une activité que canalise un polygone de petites causes ; celles-ci sont plus des obstacles qui limitent cette énergie que des moteurs. La métaphore n’est plus celle d’une boucle lancée dans une direction déterminée, mais d’un gaz élastique qui occupe l’espace qui lui est laissé. Ce n’est plus en considérant « la » cause que l’on saura ce que ce gaz va faire ou plutôt il n’y a plus de cause : le polygone permet moins de prévoir la future configuration de cette énergie en expansion qu’il n’est révélé par l’expansion elle-même. Cette élasticité naturelle est appelée aussi volonté de puissance.

Si nous vivions dans une société où ce schéma métaphorique serait consacré, nous n’aurions aucune peine à admettre qu’une révolution, une mode intellectuelle, une poussée d’impérialisme ou le succès d’un système politique ne répondent pas à la nature humaine, aux besoins de la société ou à la logique des choses, mais que ce sont des modes, des projets pour lesquels on s’enflamme »  1980

Il faudrait relire «Quand notre monde est devenu chrétien (312-394) », 2007

Un commentaire documenté permet de resituer les questions posées par l’interprétation des évènements historiques  dans une problématique plus générale ainsi caractérisée par Castoriadis : l’institution imaginaire de la société.  Christianisme et modernité

22 août 2007

Troisième ROUND …

Classé dans : Uncategorized — pouc @ 10:05

Les sciences cognitives … Dernière appellation dérivée du programme I.A. pour caractériser l’approche conjointe des travaux des disciplines ci-dessous :

  XII PHILOSOPHIE 12  
_  
   
X PSYCHOLOGIE 10 II LINGUISTIQUE 2
   
_  
VIII INFORMATIQUE 8 IV ANTHROPOLOGIE 4
   
_  
  VI NEUROSCIENCES 6  
  • VI6 Kandel (Eric) A la recherche de la mémoire, Paris, 2007

Dans la collection sciences, Odile Jacob. In Search of Memory, 2006

Sous-titre : Une nouvelle théorie de l’esprit.

« Un demi-siècle de neurosciences : étourdissant » Oliver Sacks

Jeu sur le double sens du mot mémoire comme fonction supérieure du cerveau et évocation des persécutions juives par les nazis dont l’auteur, jeune adolescent, a été témoin à Vienne.

Nous en sommes à suivre l’activité neuronale en termes de transformations chimiques et de transmissions électriques de stimuli des terminaisons sensorielles jusqu’aux zones corticales spécifiques associées.

Des analyses explicatives du fonctionnement de la mémoire en termes biologiques ont été produites ces 50 dernières années de recherche ; ces résultats ont été évalués au point que l’auteur s’est vu décerner le Prix Nobel de médecine en 2006.

  • 20070801 R. Hilberg est décédé. Je viens de relire « Politique de la mémoire », où il resitue les enjeux, intérêts et problématiques des principaux acteurs des débats suscités par son livre « La destruction des juifs en Europe » Il y précise également son approche basée sur les hypothèses retenues quant au fonctionnement des appareils d’État du régime politique mis en place par les nazis.
  • «Quand notre monde est devenu chrétien (312-394) » Paul Veyne : Il s’agit d’un essai, genre plus proche de l’exercice littéraire. Le moment historique est d’importance puisqu’il annonce la fin de l’Empire romain d’Occident. Je n’arrive pas bien à me faire une opinion sur la sélection des faits rapportés et sur les interprétations associées. L’Islam s’imposera semble-t-il sans trop de difficultés sur une grande partie de l’Empire Romain…
  • VIII8« Hasard, calcul et complexité » J.P. Delahaye, rassemble des résultats de théories informatiques visant à la définition formelle d’une série aléatoire. Tout ceci permet d’organiser des résultats nouveaux relatifs aux propriétés de récursivité.

Ontologie /WEB Sémantique

Thèse systématique : Le mot ontologie renvoie à la définition formelle des êtres (objets) d’un domaine de connaissances et des relations entre ceux-ci.

[[[   8XII       8X 8II  Vers les ontologies

Un domaine de recherche récent et très actif aujourd'hui s'intitule le Web sémantique, un terme proposé par Berners-Lee et al. (2001). L'objectif est de pouvoir exploiter de manière automatique ou semi-automatique l'information disponible sur le Web, par le biais d'agents intelligents parcourant les documents qui s'y trouvent :

« Espace virtuel, il devrait voir, à la différence de celui que nous connaissons aujourd'hui, les utilisateurs déchargés d'une bonne partie de leurs tâches de recherche, de construction et de combinaison des résultats grâce aux capacités accrues des machines à accéder aux contenus des ressources et à effectuer des raisonnements sur ceux-ci » (Laublet et al.), 2002).

Appliqué à la systématique, ce système permettrait à un utilisateur lambda d'identifier un organisme quelconque grâce à un service d'identification en ligne, qu'il s'agisse d'un touriste ayant ramassé un coquillage sur une plage, d'un douanier interceptant une cargaison de peaux séchées, d'un biologiste moléculaire séquençant un ver issu d'une oasis sous-marine profonde ou d'un promeneur ramassant un champignon en forêt. Une fois identifié le taxon auquel cet organisme appartient, il serait possible d'ex- traire une multitude d'informations additionnelles à son sujet à partir de sources de données totalement indépendantes :

- quelles sont les protéines ou les portions d'ADN déjà connues (banques de séquences) ;

- quelles sont les institutions qui possèdent des spécimens semblables (catalogues de collections) ;

- quelle est sa place dans la classification (bases de données taxinomiques) ;

- etc...

La prise en charge des visions différentes sur la systématique de ce taxon entre ces différentes sources serait automatique. Il est imaginable qu'elle se fasse de plus en fonction des besoins de l'utilisateur. En effet, le béotien cherchera généralement une vision synthétique sur le sujet, quitte à ce que celle-ci impose quelques approximations, tandis que le spécialiste du domaine est sans doute intéressé par l'ensemble des hypothèses possibles, qu'il sera à même de résoudre lui-même.

Pour arriver à un tel résultat, les promoteurs du web sémantique proposent plusieurs types d'outils, et notamment les ontologies. Ce terme désigne une définition formelle des concepts d'un domaine et des relations qui les lient :

« A specification of a representational vocabulary for a shared domain of discourse - defi- nitions of classes, relations, functions, and other objects - is called an ontology » (Gruber, 1993).

Une fois exprimée sous une forme assimilable par la machine, celle-ci devrait être en mesure d'assurer cette tache de synthèse de l'information qui est aujourd'hui à la charge de l'humain.

La difficulté est donc transférée à la création de ces ontologies, qui doivent refléter fidèlement la sémantique du domaine ciblé.

Les acteurs de ce domaine sont donc les plus qualifiés pour effectuer ce travail, à condition qu'ils soient capables de l'exprimer explicitement.

]]]

Extrait de Ontologie de la systématique (Les objets-métier du domaine)

THESE présentée et soutenue publiquement le 10 novembre 2003, Pierre et Marie Curie – Paris 6, Guillaume Rousse

Wordnet : a lexical-conceptual database for English language

 10VIII8II  vs  2VIII8X

De quoi s’agit-il ?

Web sémantique : D’une ontologie particulière (Wordnet) aux applications intelligentes

12VIII Voir Quand la philosophie fricote avec le monde de l’ingénierie.

Une quantification des propriétés formelles des graphes construit Un commensurable purement formel

Clusters sémantiques :

La spécification des relations (arcs) entre objets (nœuds de préoccupation, centres d’intérêts, concepts …) n’est plus simplement de valeur syntaxique ou lexicale comme dans le thésaurus d’une encyclopédie classique (synonyme, antonyme, …) mais proprement sémantique déclinant une hiérarchie particulière des significations (d’origine, d’usage, …) spécifiques au domaine et à l’univers de discours concerné.

PETROLE vue par un financier …

  OPEP
Gabon
Nigeria
Koweit
     
   

Mer du Nord
Golfe du Mexique
Khazakstan

   
  Shell
Exon
Petrofina
Total
ELF

 

   
    Brent
New York
Milan
Bahrein
   
  baril
dollar

 

   
   

Exploitation
Production
Raffinage
Distribution
Chimie
Pharmacie

   
   

 

   
   

 

   

XII12 Thèse sur la Rhétorique : (hyperonymie, méronymie, …)

Voir ALI BOUACHA (Abdelmagid), Rhétorique de la découverte et de la vulgarisation scientifique, Paris, 1992

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