De l’art de dire des conneries (On bullshit)
Harry G. Frankfurt (philosophe à Princeton)
Ce livre traite du baratin (bonne façon de traduire bullshit). Pour l’auteur ce baratin est omniprésent dans notre culture. C’est un petit essai qui montre que le baratin est pire que le mensonge. Celui-ci nécessite la croyance en une vérité même si on dit le contraire, alors que l’autre s’en fout complètement. A terme on a des gens(les baratineurs) dont le sens de la réalité s’émousse.
Pourquoi tant de baratin ? Parce qu’il devient inévitable quand un individu doit s’exprimer sur quelque chose qu’il ne connait pas bien. Dans les démocraties les citoyens ont la responsabilité d’avoir une opinion sur tout. En plus quand les médias n’arrêtent pas de leurs poser des questions.
Mais il y a aussi les diverses formes de scepticisme. Les doctrines antiréalistes sapent notre confiance dans la valeur de distinguer le vrai du faux et dans l’intelligibilité de la notion de recherche objective.
Cela conduit à l’abandon de l’exactitude pour la sincérité (fidélité à soi-même au lieu de fidélité à la réalité). Mais qu’est-ce qu’être fidèle à soi-même si l’on n’arrive pas à connaitre les choses (alors en plus soi-même…).« La sincérité c’est du baratin « conclue l’auteur.
Les baratineurs ne transmettent pas d’informations, ils sont des imposteurs qui cherchent à manipuler en leur faveur l’opinion et l’attitude de leurs interlocuteurs.
Commentaire
Que dire de plus ? Nos grands baratineurs on les connait ! Et puis on constate que la société consumériste a tout intérêt à favoriser la sincérité : « soyez vous-même !» »c’est mon choix ». Et ces médias qui nous présentent des panels d’opinions sur des sujets comme si toutes se valaient. Pas de quoi s’étendre une fois qu’on a compris.